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Photographe de spectacle vivant depuis le début des années 2000, je me suis spécialisée dans la photographie de danse depuis 2007.

Chorégraphe et danseuse de la compagnie Leavingrøøm. Professeur de danse contemporaine au Conservatoire de Musique et de Danse de Lorient (56).

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Comme une image par Nicolas Villodre

La Maison de la culture du Japon à Paris vient de présenter, en avant-première carrément mondiale, AOI, un “nôpéra” composé par Noriko Baba, inspiré du (mélo)drame Aoi no Ue de Zeami, mis en scène et (ou) chorégraphié par Mié Coquempot (assistée de Jérôme Andrieu) et interprété par Ryoko Aoki accompagnée de l’ensemble 2e2m sous la direction de Pierre Roullier.

Cette création, qui se veut, pour reprendre l’expression des auteures, une « recontextualisation » du sempiternel syntagme de l’amour contrarié, condense savamment, subtilement et, s’agissant de musique « contemporaine », plutôt discrètement – au sens où l’entendent aussi les linguistes – la pièce de Nô originelle en trois actes d’une heure en tout, qu’on ne sent pas passer. Les instrumentistes, à 60% féminines, font peu à peu leur entrée sur une scène garnie de mobilier brocanté, de cordages et câbles pendouillant du plafond, de pupitres livrés avec leur livret, pré-occupée par deux artistes attifés à la va-vite, en tenue de ville quelque peu... campagnarde ou, en tous les cas, casual, telle que décidée ou désignée par Akiko Takebayashi.

Le chef semble à l’aise dans ses baskets, son jean cheap d’approximative taille, son T-shirt blanc et son blouson cintré en toile claire ; un musicien arbore un maillot jaune et une casquette de baseball à motifs de camouflage, portée, comme il se doit, visière à l’envers ; une consœur rend hommage de manière cryptée (ou subconsciente) à feus Bowie (cf. la coiffure parapunk de teinte rouquemoute saturée, période Aladdin Sane) et Rogers Nelson (cf. les bretelles « purple haze ») ; une nurse de vert parée, sortie de son bloc opératoire, a pris le soin de substituer à ses sabots d’infirmière APHP des escarpins à talons aiguille ; une collègue en jupe rose a déniché une veste Chanel plus ou moins assortie, customisée par Yayoi Kusama; une pro-Hollande, si l’on en croit le pull en V orange, a réussi à barboter un fuseau collector et africolor à Johnny Clegg.

Par-dessus le marché, question douilles, l’ochestre semble avoir reçu un héritage du gang des postiches. Ceci étant dit, la composition musicale est d’une limpidité remarquable, jouée par des artistes techniquement très au point, qui gagneraient probablement à être connus mais qui resteront anonymes tant que les feuilles de salle se contenteront de les regrouper sous l’appellation énigmatique de 2e2m. Deux d’entre eux, sans doute meilleurs joueurs de piston que le reste de la troupe, les percussionnistes Linda Edsjö (buveuse ostensible d’Asahi et de Carlsberg) et Cyril Hernandez (cymbalo-timabaliste), ont été anoblis au titre de... performers – avec la prime de risque afférente ? – et ne cesseront de faire des allées et venues de cour à jardin en électrons libres.

Ryoko Aoki, la vedette du show, une jeune et gracieuse chanteuse de Nô, est, elle au moins, habillée sur mesure – elle exhibera même, en deuxième partie de soirée, un seyant costume en molleton, mi-tradi mi-pop, mi-heta-uma, dessiné par Yoshikazu Yamagata. Lorsque la belle enfant paraît, des chaussures à semelles compensées d’assez hauts talons la poussent vers l’avant, lui donnant une démarche antinaturelle, à base de zigs et de zags, qui traduit, autant que sa vocalise heurtée, l’objet de son ressentiment (sous-titré en français sur un des trois moniteurs à tube trinitron breveté par la CFT, de marque Sony : « D’où vient ce son irritant ? Nul ne me parle, nul ne me voit. La vie est courte comme une étincelle. Nul n’est à blâmer.... »). Les problèmes de cœur, de jalousie et de mort lasse ne datent pas d’hier, ni même du XIVe siècle, comme la complainte de l’ami Zeami : ils sont vieux comme le monde.

Les lumières atmosphériques de Sylvie Garot ; la chorégraphie minimale de Mié Coquempot ; la mise en abyme ou en boîte de la chanteuse, tantôt coiffée la raie à gauche (en trois « d », c.à.d. en chair et en os), tantôt la raie à droite (sur le trinitron posé au sol, côté cour) ; le dévoilement du réel mais aussi des instruments servant à produire l’illusion sonore ou trompe-oreille depuis au moins le XIXe siècle ; les outils acoustiques pour une fois non acousmatiques qui font songer aux bruiteurs russoliens et aux machines à bruitage du film muet ou des cartoons ; la partition cohérente, concrète mais non figurative (non anecdotique), timbrée (comme il se doit !) ; la variété rythmique ; les citations de pièces précédentes de l’auteure ou d’autres musicos du bon vieux temps (cf. le passage baroque pour orchestre de chambre ; les « coucous », les appeaux, les sifflets déjà là dans L’Oiseau à deux têtes de 2012, voire dans la Symphonie des jouets d’Edmund Angerer)... tous ces éléments concourent à la réussite de cet opéra, qui est aussi, au moment où nous écrivons, l’œuvre la plus longue de Lady Baba.

Nicolas Villodre - villodre@noos.fr

Photos 1 & 3 © Jean Couturier D.R.
Photo 2 © Jun-ichi Takahashi D.R.
Photo 4 © Nicolas Villodre D.R.
 
K622 imagine, créé et produit des créations chorégraphiques à découvrir sur  www.facebook.com/K622daybyday/
Page du spectacle sur www.mcjp.fr/fr/agenda/aoi-yesterdays-glory-is-todays-dream


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